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MRAX: STOP au financement public des liaisons dangereuses de Radouane Bouhlal ! (dossier)

Conférence de presse d’Alain Destexhe, 13 novembre 2009 – extraits du dossier (lire le texte complet)

Nous avions déjà évoqué plusieurs des égarements du MRAX dans notre livre « Lettre aux progressistes qui flirtent avec l’islam réac », notamment la présence au sein du Bureau de l’association d’un personnage sulfureux en la personne de Nordine Saïdi, lequel a récemment refusé de condamner les attentats suicides et se présente comme un partisan de la négociation avec Oussama Ben Laden.

Nous avons appris hier le « débarquement » du même Nordine Saïdi du Bureau du MRAX par le conseil d’administration de l’association (1). Outre le fait que cette décision constitue un camouflet de taille pour Radouane Bouhlal (lequel disait pourtant de Nordine Saïdi qu’il était quelqu’un de « remarquable » dans une interview au Vif- L’express publiée ce vendredi (2)), il semble que l’intéressé demeure néanmoins membre du conseil d’administration de l’association, de sorte que son influence au sein de celle-ci demeure relativement importante.

(…) il nous a semblé opportun de détailler la situation particulière dans laquelle se trouve aujourd’hui l’association : une organisation financée par d’importants fonds publics et qui véhicule un discours fort éloigné d’un combat antiraciste sérieux et cohérent. Un discours qui, de plus en plus, mérite le qualificatif de « communautariste ».

Du « Plus jamais ça ! » au « club d’autodéfense des musulmans » : l’inquiétante mutation du MRAX

Depuis l’élection de Radouane Bouhlal à sa présidence, en 2004, le MRAX semble s’éloigner de la volonté de pluralisme et d’ouverture défendue par ses fondateurs et leurs successeurs (« une clique d’universitaires blancs, athées et de gauche »,  selon Radouane Bouhlal [Le Vif, 13/11/2009]) en adoptant une posture communautariste transformant petit à petit le mouvement en un « club d’autodéfense des musulmans » [3], pour reprendre les termes employés par l’historienne de gauche Anne Morelli, ancienne vice-présidente du MRAX.

Cette mutation communautariste se caractérise notamment par une indignation sélective récurrente. Ainsi le MRAX (oui, le mouvement contre le racisme, « l’antisémitisme » et la xénophobie) a-t-il brillé par son silence lors des violences antisémites commises par la Ligue arabe européenne en marge de la manifestation pro-palestinienne organisée à Anvers le 31 décembre 2008. Le MRAX est aussi resté étrangement silencieux face aux slogans djihadistes et antisémites entonnés par une partie des participants à la manifestation du 11 janvier 2009 contre l’opération « Plomb durci », alors en cours dans la Bande de Gaza.

La liste est encore longue : partisan des accommodements raisonnables [4] ou encore des statistiques ethniques [5], Radouane Bouhlal (membre d’une ASBL contrôlant et certifiant de la nourriture halal [Le Vif, 13/11/2009]) a également par le passé osé une comparaison (fumeuse) entre les toilettes publiques et les piscines à horaires différenciés pour les hommes et les femmesiv.

L’ensemble de ces éléments factuels ne peut que nous mener à la conclusion suivante : le MRAX, longtemps présenté comme un outil de la lutte antiraciste et de contribution à l’intégration de nos populations d’origine immigrée, est aujourd’hui devenu le fer de lance de revendications aux relents communautaristes qui favorisent au contraire les tensions et, partant, portent atteinte aux valeurs démocratiques en mettant certaines d’entre-elles en danger sous le couvert de la lutte contre « l’islamophobie », (…).

Un Conseil d’administration fantôme et un Bureau monolithique

« Nous sommes un mouvement pluraliste et fier de l’être » [6], déclarait récemment Radouane Bouhlal. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le « pluralisme » de cet organe de gestion – quasiment quotidien – est pour le moins douteux, se caractérisant au contraire par son militantisme et son orientation communautariste.

(…)

Curieux « pluralisme », donc, que celui qui réunit, au sein du Bureau du MRAX, le président et trois de ses proches, dont deux militants de la gauche (très) radicale, acquis à la ligne communautariste défendue par le président de l’association.

(…) Bien que le MRAX se présente comme une association ouverte et pluraliste, son conseil d’administration apparaît en réalité de plus en plus monolithique, (…).

« Bon usage de la laïcité » et apologie du Hamas : les fréquentations douteuses de Radouane Bouhlal

En mai dernier, au cours d’une conférence organisée par l’UEJB, le président du MRAX mis en vente un ouvrage collectif intitulé « Du bon usage de la laïcité » (dont la publication fut relayée sur le site internet de l’association [7]), publié sous la direction de Marc Jacquemain et de Nadine Rosa-Rosso (ancienne secrétaire générale du PTB à l’origine d’une éphémère alliance électorale avec la Ligue Arabe Européenne du sulfureux Abou Jahjah, Nadine Rosa-Rosso est également l’auteure d’une pétition adressée aux futurs députés européens pour qu’ils fassent retirer le Hamas de la liste des organisations terroristes de l’Union européenne [8] et fut candidate – aux côtés de Saïdi – de la liste Egalité lors des dernières élections régionales bruxelloises), dans lequel Jean Bricmont (professeur à l’UCL) se livre (dans un ouvrage qui compte pourtant parmi ses co-auteurs un certain Radouane Bouhlal, président du MRAX) à une apologie du mouvement terroriste palestinien Hamas (dont il vante les « victoires politiques et militaires »iv), avant de s’apitoyer sur les « victimes des lois réprimant le négationnisme ».

Radouane Bouhlal est également proche du cercle des Etudiants arabo-européens de l’ULB (dont Radouane Bouhlal est un habitué des conférences), l’un de ses anciens présidents étant Salim Haouach, administrateur du MRAX. Outre le très controversé Tariq Ramadan, ce cercle estudiantin a notamment invité, en tant que conférencière, Houria Bouteldja, porte-parole des « Indigènes de la République » , organisation connue pour sa sympathie affichée envers le Hamas et le Hezbollah (qualifiés de « mouvements de résistanceiii) ainsi que pour ses déclarations controversées (voire, racistes) à l’égard des « souchiens » (comprenez : les « Blancs »), terme auquel Radouane Bouhlal préfère cependant celui de « visage pâle ». Il est à noter que la description, habituellement dépeinte par les « Indigènes de la République », des sociétés occidentales (caractérisées, selon eux, par l’oppression d’une majorité « blanche » sur les minorités ethniques et religieuses) se retrouve en partie dans un article mis en ligne sur le site du MRAX en 2005 et dénonçant « le privilège blanc » [9].

Un mouvement cadenassé de l’intérieur

Le financement public du MRAX : plus de 3 millions d’euros en toute discrétion

Conclusion : un enjeu plus que symbolique

[Le MRAX est devenu] une association qui a fait le choix de l’alliance objective avec un courant idéologique qui promeut une société caractérisée par l’accentuation des différences identitaires, prélude à l’émergence de valeurs concurrentes aux droits fondamentaux au sein même de notre pays, une association qui galvaude le terme « liberticide » (risquant par là même de banaliser le discours raciste) tout en maintenant un harcèlement judiciaire contre les institutions (notamment les écoles ayant adopté un règlement d’ordre intérieur interdisant le port de signes religieux ostentatoires) refusant d’adhérer à la ligne communautariste dont il est aujourd’hui devenu l’un des plus puissants lobbies.

Sur la mixité, la neutralité, les accommodements raisonnables et le relativisme culturel

@ Soirée-débat à l’UPJB, « Crise de l’antiracisme ? », le vendredi 16 novembre 2007.

Extraits:

Sur la question de la mixité, il est tout à fait inadmissible que des élèves s’excluent du programme scolaire (…) parce qu’ils ne veulent pas se mélanger avec quelqu’un d’un autre genre. (…) On peut prendre d’autres exemples où la mixité ne doit pas être obligatoire. Regardez, d’ailleurs, vous êtes à n’importe quel endroit et les WC ne sont pas mixtes. Et personne ne conteste cela. (…)
Bien sûr, il faut toute sorte de mixité. Mais attention à ne pas être autoritaire et à exiger qu’on se mélange à tout prix tout le temps.