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Comment le MRAX a été noyauté

19/11/2009 6 commentaires

Une typologie en quatre groupes de nouveaux adhérents du MRAX peut être établie : le cercle des inconditionnels de Bouhlal, celui des compagnons de route (extrême gauche, parti islamo-gauchiste Egalité…), la mouvance des Frères Musulmans (Ligue islamique interculturelle, Cercles des étudiants arabo-européens, quelques « convertis »…) et divers électrons libres (étudiants et chercheurs ULB, militants Ecolo et PTB…).

Au printemps 2007, la présidence de Radouane Bouhlal (en poste depuis 2004) est déjà contestée.
Pour sauver son poste, le président du MRAX organise un « putsch légal » : une opération de noyautage du MRAX par ses « nouveaux amis », dont beaucoup évoluent parmi la frange la plus radicale et/ou rigoriste de la communauté arabo-musulmane – marocaine en particulier – de Bruxelles.
L’opération se déroule en deux temps :

1. Une première Assemblée générale « extraordinaire » est organisée le 31 mai 2007. Lors de cette AG, une liste de 75 noms de nouveaux demandeurs d’adhésion est soumise par le Conseil d’administration aux membres effectifs (eux seuls ont le droit de vote) de cette assemblée. A la hussarde, le président du CA, Radouane Bouhlal, fait approuver cette liste. Remarque importante : ces 75 nouveaux membres ne deviennent pas seulement membres adhérents, mais directement membres effectifs (avec droit de vote). Par cette adhésion soudaine et massive, le nombre de membres effectifs du MRAX augmente de … 50%, sans débat ni analyse du profil de ces adhérents-surprise.

2. Une seconde Assemblée générale, « ordinaire » celle-là, a lieu une semaine plus tard, le 9 juin 2007. Elle désigne les membres du Conseil d’administration et conforte le pouvoir de Radouane Bouhlal. Les 75 nouveaux membres (dont la plupart ont payé leur première cotisation au MRAX… la semaine précédente) ont pu y participer et prendre part au vote, en violation de l’article 12 des statuts du MRAX qui précise : « Assemblée générale ordinaire et extraordinaire : (…) Tous les membres effectifs et adhérents en ordre de cotisation pour l’année civile précédant celle au cours de laquelle se tient l’assemblée générale ordinaire y sont convoqués ». Opération noyautage réussie pour Radouane Bouhlal.

Qui sont ces 75 nouveaux membres-surprise du MRAX ? En voici la liste :
1. Christophe DELANGHE – 2. Majid EL MOHOR – 3. Nadia BOUMAZOUGHE – 4. Mohcine BAYNA – 5. Placide KALISA – 6. Stéphane RUO – 7. Farida TAHAR – 9. Benayad SAID – 10. Jamal AHALLI – 11. Valérie KEYZER – 12. Najoua BATIS – 13. Karima ABDELLAOUI – 14. Omar BOUHJAR – 15. Abdeltif MOUIHSINE – 16. Barbara TRACHTE – 17. Delphine HEINE DONNARD – 18. Jeannine BENNINKA – 19. Gamila DAHRI – 20. Gérard NTASAMAJE – 21. Hicham HAMMAD – 22. Lahoussine ABOUAME – 23. Mohamed SAHILI – 24. Mohamed FATH ALLAH – 25. Luisa RAMO ABALO – 26. Fatima ZIBOUH – 27. Mourad BOUCIF – 28. Reduane AFAKI – 29. Vanessa BRICHAUT – 30. Samira BENSAOUD – 31. Jamal GARANDO – 32. Zakaria KASSEM OUALI – 33. Hicham ISNASSNI – 34. Adnane ISNASSNI – 35. Keltoum HAOUA – 36. Karim AMEZIANE – 37. Abelilah ESDAR – 38. Rachida ALJAMILI – 39. Tarik EL AROUD – 40. Isabelle PRAILE – 41. Michail PRIVOT – 42. Gina SANTIMARIA – 43. Abdel MOUSSADDAQ – 44. Ekram EL KABIR – 45. Emmanuelle DELOBBE – 46. Miloud MERZGUIOUI – 47. Moussa KORAÏCHI – 48. Hafida HAMMOUTI – 49. Najib CHAIRI – 50. Aïssa CHAIRI – 51. Housna LEMHAMDI ALAOUI – 52. Pierre BUXANT – 53. William VAN DUFFEL – 54. Fatima HAMYANI -55. Sandrine CORTEN – 56. Nathalie PREUDHOMME – 57. Abdullah MUHAMMAD – 58. Salima AZEROUAL – 59. Youssef ARCHICH – 60. Veronique LEFRANCQ – 61. Ibrahim ARKOUH – 62. Samira BENALLAL – 63. Jacqueline TONDEUR – 64. Jacques BORZYKOWSKI – 65. Johnny DE CRAWHEZ – 66. Farid EL MACHOUD – 67. Boris WASTIAU – 68. Didier DE LAVELEY – 69. Pablo ISLA VILLAR – 70. Azzeddine HAJJI – 71. Mabita MA MOLINGUJA – 72. Cedric TOLLEY – 73. Nouria OUALI – 74. Salmi AOUACH – 75. Micheline KEYSER

A l’époque, un blog « arabo-musulman » de Bruxelles commente ainsi la composition de cette liste : « Une écrasante majorité des nouveaux adhérents sont issus de la communauté arabo-musulmane et de la marocaine en particulier ». 45 des 75 nouveaux membres de dernière minute du MRAX sont « issus de la communauté arabo-musulmane ». Radouane Bouhlal a monté une opération de clientélisme cinq étoiles !

Le profil de ces 45 nouveaux membres du MRAX et des 30 autres, aide à mieux cerner l’entourage politico-religieux de Radouane Bouhlal. Sont présents dans cette liste :
– L’organisateur des derniers spectacles de Dieudonné en Belgique (Miloud Merzguioui)
– Des membres et des candidats du parti islamo-gauchiste « Egalité », dont Nordine Saïdi, la tête de liste au scrutin régional bruxellois de juin 2009, vient d’être exclu du Bureau du MRAX pour avoir publié des textes « glissant vers l’antisémitisme » sur son blog (Nadia Boumazoughe, Fatima Hamyani, Sandrine Corten, William Van Duffel)
– Plusieurs autres proches de Nordine Saïdi, militant notamment au sein du Mouvement Citoyen Palestine, dont il est l’animateur et qui est proche des thèses du Hamas (Nathalie Preudhomme, Benayad Said…)
– Des membres du Cercle des étudiants arabo-européens de l’ULB (relayant notamment les thèses communautaristes du mouvement français des « Indigènes de la République »), de la Ligue islamique interculturelle de Belgique et de Présence musulmane Belgique (Fatima Zibouh, Azzeddine Hajji, Keltoum Haoua, Gamila Dahri…)
– Quelques « convertis », dont Isabelle Praile, vice-présidente de l’Exécutif des Musulmans de Belgique, et Michaël Privot, figure connue des Frères Musulmans et admistrateur d’une mosquée verviétoise
– Des militants du PTB (Abdel Moussaddaq), d’Ecolo (Hicham Hammad, Barbara Tratche)…
– Des étudiants et chercheurs de l’ULB opposants à feu le chantier Valeurs et souvent proches des thèses de Tariq Ramadan.

Tous ces nouveaux venus au MRAX ne sont pas nécessairement des « proches » de Radouane Bouhlal, partageant sa ligne communautariste et « patriote marocaine ». Une analyse plus fine du profil des nouveaux adhérents accrédite l’hypothèse d’une instrumentalisation de Radouane Bouhlal par certains milieux proches des Frères Musulmans, adeptes de l’entrisme, notamment dans le MRAX.

Une typologie en quatre groupes de nouveaux adhérents du MRAX peut être établie : le cercle des inconditionnels de Bouhlal, celui des compagnons de route (extrême gauche, parti islamo-gauchiste Egalité…), la mouvance des Frères Musulmans (Ligue islamique interculturelle, Cercles des étudiants arabo-européens, quelques « convertis »…) et divers électrons libres (étudiants et chercheurs ULB, militants Ecolo et PTB…).

A l’analyse, le pluralisme revendiqué par le MRAX n’est plus qu’un leurre. Ou plutôt, il existe, mais il est d’un genre particulier. Le pluralisme du MRAX est interne à l’islam : islam pro-Maroc, islam pro-Frères Musulmans, islamo-gauchisme… Avec l’opération noyautage de 2007, le MRAX s’est transformé encore davantage en un syndicat communautariste regroupant différentes tendances de l’islam rigoriste.

Le constat est inquiétant. L’Assemblée générale du MRAX, organisée à la hâte par Radouane Bouhlal, le 2 décembre prochain, ne risque pas d’inverser la tendance. Au contraire, Bouhlal, fragilisé par sa gestion surréaliste, l’exaspération de sa base, et son image médiatique catastrophique, pourrait devoir lâcher du lest aux éléments les plus réactionnaires du MRAX. Totalement discrédité, le MRAX peut-il encore accentuer sa dérive ? Ce n’est, hélas, pas impossible.

Pour l’Observatoire citoyen du MRAX,
Sophie FRANCOIS
Claude DEMELENNE

MRAX: STOP au financement public des liaisons dangereuses de Radouane Bouhlal ! (dossier)

Conférence de presse d’Alain Destexhe, 13 novembre 2009 – extraits du dossier (lire le texte complet)

Nous avions déjà évoqué plusieurs des égarements du MRAX dans notre livre « Lettre aux progressistes qui flirtent avec l’islam réac », notamment la présence au sein du Bureau de l’association d’un personnage sulfureux en la personne de Nordine Saïdi, lequel a récemment refusé de condamner les attentats suicides et se présente comme un partisan de la négociation avec Oussama Ben Laden.

Nous avons appris hier le « débarquement » du même Nordine Saïdi du Bureau du MRAX par le conseil d’administration de l’association (1). Outre le fait que cette décision constitue un camouflet de taille pour Radouane Bouhlal (lequel disait pourtant de Nordine Saïdi qu’il était quelqu’un de « remarquable » dans une interview au Vif- L’express publiée ce vendredi (2)), il semble que l’intéressé demeure néanmoins membre du conseil d’administration de l’association, de sorte que son influence au sein de celle-ci demeure relativement importante.

(…) il nous a semblé opportun de détailler la situation particulière dans laquelle se trouve aujourd’hui l’association : une organisation financée par d’importants fonds publics et qui véhicule un discours fort éloigné d’un combat antiraciste sérieux et cohérent. Un discours qui, de plus en plus, mérite le qualificatif de « communautariste ».

Du « Plus jamais ça ! » au « club d’autodéfense des musulmans » : l’inquiétante mutation du MRAX

Depuis l’élection de Radouane Bouhlal à sa présidence, en 2004, le MRAX semble s’éloigner de la volonté de pluralisme et d’ouverture défendue par ses fondateurs et leurs successeurs (« une clique d’universitaires blancs, athées et de gauche »,  selon Radouane Bouhlal [Le Vif, 13/11/2009]) en adoptant une posture communautariste transformant petit à petit le mouvement en un « club d’autodéfense des musulmans » [3], pour reprendre les termes employés par l’historienne de gauche Anne Morelli, ancienne vice-présidente du MRAX.

Cette mutation communautariste se caractérise notamment par une indignation sélective récurrente. Ainsi le MRAX (oui, le mouvement contre le racisme, « l’antisémitisme » et la xénophobie) a-t-il brillé par son silence lors des violences antisémites commises par la Ligue arabe européenne en marge de la manifestation pro-palestinienne organisée à Anvers le 31 décembre 2008. Le MRAX est aussi resté étrangement silencieux face aux slogans djihadistes et antisémites entonnés par une partie des participants à la manifestation du 11 janvier 2009 contre l’opération « Plomb durci », alors en cours dans la Bande de Gaza.

La liste est encore longue : partisan des accommodements raisonnables [4] ou encore des statistiques ethniques [5], Radouane Bouhlal (membre d’une ASBL contrôlant et certifiant de la nourriture halal [Le Vif, 13/11/2009]) a également par le passé osé une comparaison (fumeuse) entre les toilettes publiques et les piscines à horaires différenciés pour les hommes et les femmesiv.

L’ensemble de ces éléments factuels ne peut que nous mener à la conclusion suivante : le MRAX, longtemps présenté comme un outil de la lutte antiraciste et de contribution à l’intégration de nos populations d’origine immigrée, est aujourd’hui devenu le fer de lance de revendications aux relents communautaristes qui favorisent au contraire les tensions et, partant, portent atteinte aux valeurs démocratiques en mettant certaines d’entre-elles en danger sous le couvert de la lutte contre « l’islamophobie », (…).

Un Conseil d’administration fantôme et un Bureau monolithique

« Nous sommes un mouvement pluraliste et fier de l’être » [6], déclarait récemment Radouane Bouhlal. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le « pluralisme » de cet organe de gestion – quasiment quotidien – est pour le moins douteux, se caractérisant au contraire par son militantisme et son orientation communautariste.

(…)

Curieux « pluralisme », donc, que celui qui réunit, au sein du Bureau du MRAX, le président et trois de ses proches, dont deux militants de la gauche (très) radicale, acquis à la ligne communautariste défendue par le président de l’association.

(…) Bien que le MRAX se présente comme une association ouverte et pluraliste, son conseil d’administration apparaît en réalité de plus en plus monolithique, (…).

« Bon usage de la laïcité » et apologie du Hamas : les fréquentations douteuses de Radouane Bouhlal

En mai dernier, au cours d’une conférence organisée par l’UEJB, le président du MRAX mis en vente un ouvrage collectif intitulé « Du bon usage de la laïcité » (dont la publication fut relayée sur le site internet de l’association [7]), publié sous la direction de Marc Jacquemain et de Nadine Rosa-Rosso (ancienne secrétaire générale du PTB à l’origine d’une éphémère alliance électorale avec la Ligue Arabe Européenne du sulfureux Abou Jahjah, Nadine Rosa-Rosso est également l’auteure d’une pétition adressée aux futurs députés européens pour qu’ils fassent retirer le Hamas de la liste des organisations terroristes de l’Union européenne [8] et fut candidate – aux côtés de Saïdi – de la liste Egalité lors des dernières élections régionales bruxelloises), dans lequel Jean Bricmont (professeur à l’UCL) se livre (dans un ouvrage qui compte pourtant parmi ses co-auteurs un certain Radouane Bouhlal, président du MRAX) à une apologie du mouvement terroriste palestinien Hamas (dont il vante les « victoires politiques et militaires »iv), avant de s’apitoyer sur les « victimes des lois réprimant le négationnisme ».

Radouane Bouhlal est également proche du cercle des Etudiants arabo-européens de l’ULB (dont Radouane Bouhlal est un habitué des conférences), l’un de ses anciens présidents étant Salim Haouach, administrateur du MRAX. Outre le très controversé Tariq Ramadan, ce cercle estudiantin a notamment invité, en tant que conférencière, Houria Bouteldja, porte-parole des « Indigènes de la République » , organisation connue pour sa sympathie affichée envers le Hamas et le Hezbollah (qualifiés de « mouvements de résistanceiii) ainsi que pour ses déclarations controversées (voire, racistes) à l’égard des « souchiens » (comprenez : les « Blancs »), terme auquel Radouane Bouhlal préfère cependant celui de « visage pâle ». Il est à noter que la description, habituellement dépeinte par les « Indigènes de la République », des sociétés occidentales (caractérisées, selon eux, par l’oppression d’une majorité « blanche » sur les minorités ethniques et religieuses) se retrouve en partie dans un article mis en ligne sur le site du MRAX en 2005 et dénonçant « le privilège blanc » [9].

Un mouvement cadenassé de l’intérieur

Le financement public du MRAX : plus de 3 millions d’euros en toute discrétion

Conclusion : un enjeu plus que symbolique

[Le MRAX est devenu] une association qui a fait le choix de l’alliance objective avec un courant idéologique qui promeut une société caractérisée par l’accentuation des différences identitaires, prélude à l’émergence de valeurs concurrentes aux droits fondamentaux au sein même de notre pays, une association qui galvaude le terme « liberticide » (risquant par là même de banaliser le discours raciste) tout en maintenant un harcèlement judiciaire contre les institutions (notamment les écoles ayant adopté un règlement d’ordre intérieur interdisant le port de signes religieux ostentatoires) refusant d’adhérer à la ligne communautariste dont il est aujourd’hui devenu l’un des plus puissants lobbies.