Archive

Posts Tagged ‘Maroc’

Communiqué – Le MRAX est en danger !

@ Sauvons le MRAX!

En soixante ans d’existence, le Mouvement contre le Racisme, l’Antisémitisme et la Xénophobie a acquis un droit de regard sur ce qui se passe dans les centres fermés ; il peut aujourd’hui ester en justice, se poser en expert pour ce qui concerne les matières de racisme et d’exclusion, s’inviter dans les commissions et les sphères de concertations. Le MRAX a engrangé un capital sympathie et une force symbolique hors du commun. Nous ne pouvons nous permettre de laisser aller ce formidable outil de lutte à sa perte !

Aujourd’hui le Conseil d’Administration du MRAX exclut les membres du MRAX du débat de fond sur le MRAX. C’est un comble !

Malgré les demandes répétées des membres du MRAX et de ses employés, le Conseil d’Administration n’estime pas nécessaire d’avoir un débat ouvert devant l’Assemblée Générale concernant les dernières prises de position peu démocratiques du mouvement, pas plus qu’il n’estime nécessaire de débattre de sa neutralité perdue (du fait notamment de la participation du MRAX à des actions de propagande au bénéfice des autorités marocaines) et de la gestion calamiteuse des relations de travail avec le personnel.

Au lieu de cela, le Conseil propose d’organiser le 21 avril prochain, une réunion réservée aux membres effectifs, dont serait donc exclue la majorité des membres cotisants.

Nous, membres et sympathisants du MRAX, ne pouvons accepter que les débats fondamentaux sur le fonctionnement de l’organisation aient lieu hors des instances démocratiques prévues par les statuts.

Au mépris des nombreuses interpellations systématiquement restées sans réponses, il ne nous parait pas sérieux d’encore esquiver les prises de responsabilités nécessaires pour que le MRAX puisse continuer à fonctionner en accord avec ses principes et ses objectifs sociétaux.

C’est pourquoi nous irons à cette réunion pour manifester notre solidarité totale avec les employés du MRAX, et annoncer au Conseil d’Administration que nous ne participerons pas au débat sur le fond en dehors de l’Assemblée Générale, mais que nous exigeons que cette Assemblée soit convoquée dans les plus brefs délais.

Nous estimons légitime et indispensable que les membres puissent participer à une mise au point sur les principes directeurs du MRAX, qui, aux yeux d’une partie de plus en plus importante du mouvement antiraciste, ont trop souvent été mis à mal ses derniers mois par sa direction et son Conseil d’Administration.

Pour les amis du MRAX,
Mathieu Bietlot, Souhail Chichah, Nicole Mayer, Serge Noël, Nouria Ouali, Cédric Tolley

Sabordage du collectif « SOS Bel Younech »

@ Sauvons le MRAX!

[Témoignage rapporté par Aziz Mkichri, Nadia El Yousfi, Serge Noël et Mohamed Belmaïzi, ex-membres du collectif « SOS Bel Younech »]

Le 16/02/2006

Sur fond de crise de toutes sortes au sein du Mrax, il était de notre devoir, en tant que membres adhérents ou sympathisants, et en tant qu’acteurs de la société civile, de déposer notre témoignage concernant M. Redouane Bouhlal, l’actuel président.

Nous sommes des démocrates, viscéralement attachés à la liberté, et dès l’abord, nous respectons le débat ouvert et transparent, et saluons toutes les prises de position formulées dans la clarté. C’est pourquoi nous n’agissons pas, dans ce témoignage, en tant qu’adversaires politiques de M. Bouhlal. Et nous ne sommes pas motivés par des règlements de compte détestables et nuisibles à notre intégrité morale, à notre probité intellectuelle. Nous agissons en tant qu’anciens associés de M. Redouane Bouhlal au sein du comité « SOS Bel Younech ».

Nous avons vu d’un œil intéressé l’accession de M. Bouhlal, issu d’une minorité, notamment marocaine, sur le devant de la scène dans cette association prestigieuse, imaginant qu’il allait initier un débat singulier en toute gaieté et couleurs.

Nous étions également satisfaits, lors de la constitution du collectif «SOS Bel Younech», de son adhésion à ce groupe de militants démocrates. Nous pensions qu’il allait le dynamiser, pour faire connaître la noble cause de ces damnés Subsahariens qui animent aujourd’hui notre responsabilité morale.

Mais notre désenchantement fut à la mesure de nos attentes. Car M. Redouane Bouhlal, avec un certain nombre de ses amis, abonnés notoires au cercle privé de la Représentation marocaine (consulat et ambassade), optaient résolument pour la déroute des objectifs, pourtant inscrits dans le texte de référence du collectif qui critiquait non seulement l’Etat marocain et sa piteuse gestion de ce dossier, mais aussi l’ensemble des Etats impliqués (Europe ; Espagne ; Algérie…). S’il avait été de bon ton d’utiliser les méthodes qu’il affectionne lui-même, et si le collectif s’était doté de ses statuts et d’un règlement d’ordre intérieur, leur exclusion aurait été la mieux indiquée. Mais à défaut, c’est le collectif qui a été dissout suite à l’extrême tension qu’ils y avaient installée.

Dès lors, le collectif a été muté sous la dénomination « Coordination Sos Migrants ».

Nous n’allons pas détailler, ici, la longue liste des préjudices que M. Bouhlal avait causé à notre tradition militante (récits et échanges virulents par e-mail sont à disposition). Mais il est indispensable de souligner que lorsqu’il s’était proposé pour trouver les subsides au collectif, il avait sciemment évacué la référence à «SOS Bel Younech». Reniement et monopole qui en disent long sur les subterfuges employés en vue de s’accaparer notre profond et sincère engagement, pour le châtrer des critiques sans complaisance que nous formulons vis-à-vis de l’Etat marocain sur la gestion du dossier Subsaharien. Car racisme et xénophobie il y a. Quoi qu’il en soit, la responsabilité de M. Bouhlal dans le fiasco des subsides est amplement engagée. A-t-il utilisé la tribune du Mrax pour laminer le collectif, et avec lui toute critique légitime… ?

Dans la foulée, nombre de questions méritent d’être posées. M. Bouhlal a-t-il pris à son compte la mission de bâillonner toute une tradition contestataire, ici en Belgique, en direction du régime marocain, et de nous priver de notre devoir d’accélérer l’avènement d’un véritable Etat de droit ? Sa proximité avec Azoulay, l’illustre conseiller de Hassan II, et son dévouement à la Fondation Hassan II ne l’indiquent-t-ils pas avec acuité ?

Libre à M. Bouhlal, répétons-le, d’évoluer selon ses convictions politiques et selon ses affinités. Mais à quoi bon manœuvrer derrière un ordre du jour occulte?

Libre à nous de nous maintenir fermement à une rectitude morale. Libre à nous de dénoncer toute tentative venant décapiter l’esprit vivement critique, que nous avons semé, patiemment et de haute lutte.

Serge Noël, Aziz Mkichri, Nadia El Yousfi, Mohamed Belmaïzi.

Catégories :... sur son combat Étiquettes : ,

Lettre ouverte aux membres et sympathisants du MRAX

@ Sauvons le MRAX!

Madame, Monsieur,

Le 7 décembre 2005 nous avions envoyé un courrier au CA du MRAX afin de porter à sa connaissance des faits mettant gravement en danger l’indépendance et la crédibilité du MRAX.

A notre grande surprise, la réponse du CA à notre courrier, incohérente et violant le principe d’indépendance dont l’association se prévaut, non seulement cautionne les faits dénoncés mais, de surcroit, confirme, à notre grand effroi, les dérives constatées.

Nous portons à la connaissance des membres et symphatisants du MRAX, les griefs suivants à l’encontre du CA du MRAX:

– la poursuite d’un objectif non prévu par les statuts du MRAX;
– des prises de position politique au bénéfice clair des autorités marocaines;
– l’obstruction à une démarche collective interpellant les autorités marocaines;
– le relais d’une information mensongère au bénéfice des autorités marocaines;
– la transmission au secrétaire général du ministère marocain de la Communication (généralement qualifié, dans les pays non démocratiques, de ministère de la propagande) de la liste des membres et sympathisants du MRAX invités à l’occasion de la conférence de presse du MRAX du 1er décembre 2005
– la tribune offerte aux autorités marocaines par le MRAX lors de cette conférence de presse ainsi que la confusion qui y a régné sur les objectifs;
– la promotion comme «acteur et leader d’opinion de la communauté marocaine de Belgique» des autorités consulaires et de la fondation Hassan II;
– la manipulation manifeste du procès-verbal du CA du 20 décembre 2005 dans le sens des intérêts du président
– la diffusion d’une prise de position erronément présentée comme émanant de la dernière réunion du CA (20 décembre 2005) aux membres et sympathisants du MRAX
– la publicité, par le CA, d’une position politique personnelle du président relative au régime marocain, largement diffusée dans un document officiel du MRAX, au Maroc et en Belgique
– la publicité, par le CA, de l’expression du « patriotisme marocain » de son président, largement diffusée dans un document officiel du MRAX, au Maroc et en Belgique

Tous ces griefs sont longuement développés dans notre réponse à la lettre du CA du 22/12/05, ci-jointe. Celle-ci est directement intégrée dans le courrier du MRAX en couleur bleue sur fond gris alors que le texte d’origine est en noir et en italique.

Nous tenons à préciser que ces faits doivent s’interpréter, sans procès d’intention aucun, dans le contexte:

– dans la course à la cooptation en Belgique pour le Conseil supérieur de la Communauté marocaine à l’étranger placé sous la présidence du Roi Mohamed VI
– de la position d’isolement du Maroc sur le plan international sur la question du Sahara occidental
– du procès actuel de la répression du peuple marocain sous le règne de Hassan II, repression à laquelle les autorités consulaires et les amicales marocaines ont largement contribué dans les pays d’immigration, en Belgique en particulier.

Par ce courriel, étant donné les actes graves qui ont été posés en leur nom, nous voulons mettre les membres et les sympathisants du MRAX face à leur responsabilité.

Nous estimons que ces faits sont d’une gravité telle que seule la révocation ou la démission du CA sera de nature à restaurer la crédibilité et l’indépendance du MRAX.

La balle est dès lors dans le camp de celles et ceux qui souhaitent un MRAX indépendant de tout pouvoir politique, a fortiori non démocratique, et fonctionnant sur des principes de transparence et de démocratie interne.

Nous vous prions d’agréer, Madame, Monsieur, nos voeux les plus sincères pour l’année 2006

Nouria Ouali, Souhail Chichah
Chercheurs à l’ULB
Membres du MRAX

Catégories :... sur son combat Étiquettes : ,

Comment on discrédite

@ Sauvons le MRAX!

[… ceux qui protestent e. a. contre l’instrumentalisation à outrance du concept d’islamophobie, et la sous-traitance de l’état marocain dans les gestion des flux migratoires…]

Lundi 26/12/2005, Un_mail_très_intrigant…

Bonjour,

Depuis la création du Collectif Bel Younech, au mois de mai passé, en réaction à la répression dont sont victimes les migrants subsahariens au Maroc, un débat vigoureux oppose les initiateurs de ce collectif,et dans un deuxième temps de son élargissement à travers la « Coordination SOS Migrants », et certains tenants d’une vision makhzénienne des choses. Ce débat s’exprime depuis quelques temps dans le cadre du Forum du MRAX.

Tous les coups semblent permis, vous allez vous en rendre compte.
Utilisant, hors de son contexte, évidemment, un poème que j’ai écrit pour dénoncer la collusion des réactions religieuses contre le droit d’adoption des gays en Belgique, un de nos contradicteurs, sur les sites du MRAX et de Wafin, parle à propos de ce texte, de « haine anti musulmane », et me renseigne à la vindicte publique dans un bel effort de « dénonciation citoyenne ».

Or, au même moment, un ami de Tanger, militant des droits de l’homme, reçoit dans sa boîte mail, outre la reproduction du même poème, ce qui constitue une coincidence intéressante, le texte suivant:

« Bonjour,

J’ai appris que Monsieur Noël venait au Maroc avec de jeunes marocains de Bruxelles pour un projet d’échange avec les enfants de la rue de Tanger. Ce monsieur est dangereux, il hait le Maroc, les Marocains, l’islam. Voici un texte qu’il a écrit sur l’islam et son amour d’un Marocain du bled. Il est aussi un acharné anti-roi du Maroc.

Il manipule les jeunes des quartiers, mais il leur monte la tête, c’est honteux et en plus vous l’acceuillez et vous lui faites la pub alors qu’il continue à nous mépriser et à nous cracher dessus.

S’il va au Maroc, c’est pour son amoureux, il sait que Tanger c’est le centre de la prostitution des homos dans l’Afrique et même le monde.Faites atention et ne laissez pas nos enfants avedc ce pervers qui a avec un autre de ses amis homos tourné des films pornos avec des jeunes hommes pour soit disant leur émancipation et leur apprendre l’homosexualité.

Je suis dégoûté que vous donniez autant de crédit à un raciste qui hait l’islam mais qui va vous pondre des mots mielleux pour vous embobiner. Lisez ce qui suit et faites votre opinion.

STOP A LA PROSTITUTION MAROCAINE POUR LES PERVERS D’EUROPE. »

Voilà. Suit le poème incriminé, que vous pourrez trouver par ailleurs sur le forum du MRAX et le site de Wafin, pil poil au même moment, grâce aux bons soins d’un de nos contradicteurs. (..)

Je suis actuellement à Tanger, avec 25 jeunes et encadrants de l’association « Interpôle », d’origines marocaine, belge et turque, qui rencontrent une quarantaine de jeunes tangérois, non pas enfants des rues mais membres de diverses associations partenaires, pour des ateliers de vidéo, de théâtre et de musique sur le thème des enfants des rues, des débats, des visites d’associations…

Le mail dont je vous parle a été envoyé à une adresse marocaine, et sans doute à d’autres. On y trouve le très ancien amalgame entre « homos », « prostitution », « porno » et « manipulation de jeunes gens ». Au Maroc, l’homosexualité est punissable de 5 ans de prison. L’expéditeur, pas encore identifié, le sait.

L’ « amoureux du bled », lui, est à Bruxelles. Et nous allons nous marier, conformément à la loi belge.

Tout ceci a donc commencé autour de la question des subsahariens qui sont victimes de la répression au Maroc. D’autres enjeux, notamment autour du MRAX se jouent à travers cette question.

Ici, au Maroc, on a tendance à ne plus s’émouvoir des manoeuvres nauséeuses dont certains zélateurs très obtus du makhzen sont capables pour salir ses adversaires. Chez nous, en Belgique, lorsque nous nous engageons corps et âme dans des combats pour les droits, dans des débats, nous avons peut-être du mal à nous imaginer ce genre de chose possible.

Dans l’immédiat, et pour ce que j’en sais, ce mail est une manoeuvre aux petits pieds, qui pue, certes, mais ne tue pas.

Pour votre information, donc, et à suivre, comme dit l’autre, qui sait?

Serge Noël

[Cette manoeuvre « à la fois écoeurante et dérisoire » fera l’objet du texte de protestation suivant, cosigné par des responsables associatifs marocains, qui dénoncent le rôle joué par « certains intellectuels et prétendus faiseurs d’opinion dans la communauté belge d’origine marocaine » dans l’étouffement de toute critique visant le pouvoir marocain.]

Au Maroc comme en Belgique…
Des valeurs et des débats universels.

Un débat agite une partie de la communauté des belges d’origine marocaine aujourd’hui. Peut-on critiquer l’Etat marocain, peut-on dénoncer des situations comme celle de la répression des migrants subsahariens au Maroc, et les encouragements répétés à la xénophobie et à l’égoïsme national émanant d’une certaine presse et du pouvoir ? Peut-on attirer l’attention sur le fait que ces pratiques et ces propos sont proches de ceux de l’extrême-droite européenne ? Peut-on pointer du doigt cette xénophobie latente contre les Noirs Africains, aujourd’hui réchauffée par les tenants d’une politique sécuritaire et répressive impulsée par l’Europe au Maroc ? Peut-on défendre les droits humains, s’élever contre les abus de pouvoir qui sont encore la règle ? Peut-on attirer l’attention sur le caractère extrêmement fragile et ambigu d’un processus de démocratisation et d’établissement de l’état de droit présenté comme un bon plaisir du prince en cadeau à son peuple de sujets obéissants ? Peut-on revendiquer un statut de citoyens plein et entier, en toute liberté et en toute indépendance vis-à-vis du pouvoir ? Peut-on rappeler que deux Maroc, deux  » patriotismes  » s’affrontent depuis toujours, depuis bien avant l’indépendance : celui du Makhzen, appareil de pouvoir et de contrôle de la société, de nature quasi féodale, au service de clans privilégiés qui considèrent le Maroc comme leur propriété, et celui des citoyens, de leurs associations, de leurs partis et de leurs syndicats, qui ont lutté pour l’indépendance et résisté contre la dictature ?

Peut-on faire tout cela sans être accusé de comploter contre le Maroc, d’être raciste anti-marocain, d’avoir des comptes personnels à régler avec le Maroc ?

Apparemment, pour certains « intellectuels » et prétendus faiseurs d’opinion dans la communauté belge d’origine marocaine, la réponse est non. Ils veillent, sentinelles de l’honneur et de l’intégrité marocaine, et répandent la terreur contre tous ceux qui voudraient exercer leur devoir critique et défendre, pour le Maroc, comme pour la Belgique et ailleurs, les valeurs élémentaires des droits de l’homme. Beaucoup de démocrates et de militants anti-racistes en Belgique se sentent intimidés par ces manœuvres. Ils n’osent pas exprimer franchement leurs opinions, de peur d’être fourrés dans le sac des crypto-racistes et anti-marocains de base. D’autres pensent secrètement que les questions des droits de l’homme sont traitées autrement entre arabo-musulmans, qu’il s’agit peut-être d’un legs imposé par l’Occident, qu’il faut laisser les Marocains régler ces affaires entre eux.

Pour nous, militants et responsables associatifs et des droits de l’homme, Marocains au Maroc, il existe une culture mondiale commune : celle des droits humains, celle des instruments, conventions et déclarations des droits humains, qui sont le bien de toute l’humanité, qui méritent d’être défendus par-delà les frontières et les différences culturelles. Qui ont du reste été construits par l’histoire de toute l’humanité, dont celle de l’islam, religion de tolérance et d’ouverture pendant des siècles, et qui doit aujourd’hui retrouver le débat et la contradiction libres. Nous sommes aux premières loges de cette bataille, ici, dans notre pays, le Maroc, lorsque l’Etat mène des campagnes violentes de répression contre des civils innocents sous prétexte qu’ils sont Noirs, qu’ils  » envahissent  » le Maroc, alors qu’ils représentent moins de 0,5% de la population. Lorsque des journaux et des représentants du pouvoir se permettent de parler de  » crickets noirs « , d’  » invasion « , de  » bandes militairement organisées « , de  » réseaux manipulés par l’Algérie « , etc, etc… Lorsqu’une xénophobie quotidienne et certes moins spectaculaire inflige à ces innocents qui ne cherchaient qu’un avenir meilleur et paisible, des discriminations, des injures, des agressions largement impunies. Ces faits sont graves et menacent les fragiles avancées d’un état de droit chez nous. Les dénoncer, et dénoncer l’attitude sécuritaire et inhumaine des autorités marocaines, à la solde d’une politique européenne tout aussi inhumaine, est légitime et nécessaire, ici au Maroc comme en Belgique et ailleurs. De même, dénoncer les atteintes à la liberté d’expression et de presse, qui se multiplient ces temps-ci, est nécessaire et légitime au Maroc comme en Belgique. Ainsi de suite pour tout ce qui menace les droits encore si ténus des citoyens marocains.

Nous, militants et responsables associatifs et des droits de l’homme au Maroc, nous sommes des patriotes. Beaucoup d’entre nos amis ont donné des années de leur vie, dans les prisons, sous la torture, ont été victimes des pressions, des délations, des diffamations du pouvoir, pour assumer leurs responsabilités de citoyens et de patriotes marocains, pendant les années de plomb. Certains ont disparu. Nous gardons leur exemple en mémoire. Il existe d’ailleurs une très ancienne tradition de solidarité entre les démocrates belges et marocains, qui a permis, durant les années de plomb, de renforcer notre combat et de tirer des griffes de la répression de nombreux militants au Maroc. Nous refusons que de pseudo-représentants d’un Maroc qui n’est pas le nôtre prétendent aujourd’hui interdire à quiconque d’être solidaire de notre combat, au nom d’un patriotisme perverti qui n’a rien à voir avec la citoyenneté et les droits des Marocains.

Dans cette bataille des idées et des convictions, tous les coups semblent permis, de la part de ces « patriotes » de commandite. Notre camarade Serge Noël, qui se bat à nos côtés pour les droits humains des migrants subsahariens, pour les droits des enfants, dont plus de 600.000 travaillent encore en dessous de 15 ans ici, est aujourd’hui la cible de manœuvres ignobles. Nous connaissons ce genre de manœuvres. Nous savons de quoi certains zélateurs du Makhzen sont capables, lorsqu’ils se sentent acculés sur le fond d’un débat. Souhaitant dépasser le cadre de cette manœuvre à la fois écoeurante et dérisoire, nous nous adressons aujourd’hui à tous les militants belges des droits de l’homme. Nous leur disons : ne vous laissez pas intimider par les discours de certains. Critiquer les atteintes aux droits de l’homme, l’ambiguïté fondamentale du pouvoir marocain en la matière, c’est aider les démocrates marocains à renforcer les acquis démocratiques, les droits, c’est encourager la société civile et politique marocaine dans la construction d’un état de droit qui sera avant tout l’œuvre de ses citoyens, de leur sens des responsabilités, de leur courage et de leurs mobilisations. Soyez, avec nous, patriotes pour un Maroc citoyen, démocratique, où les mots justice sociale et droits humains ne seront plus de simples incantations, des discours, de bonnes intentions.

Tanger, le 4 janvier 2006.

Ali Tabji, membre du Comité central de l’Association marocaine de défense des Droits Humains, Boubker Khamlichi, responsable du réseau associatif du Nord Chabaka, Rachid Ghbalou, responsable de l’association Espoir théâtral pour les enfants, Khalil El Haddad, responsable de l’Association Marocaine pour l’Education de la Jeunesse.

Catégories :... sur son combat Étiquettes : , ,

Interpellation du CA du MRAX par S. Chichah et N. Ouali, chercheurs à l’ULB

@ Sauvons le MRAX!

Bruxelles, le 7 décembre 2005

Objet : la conférence de presse du MRAX du 1er décembre 2005

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les administratrices-teurs,

Dans le cadre de l’annonce de la visite du Vlaams Belang les 8, 9 et 10 décembre prochains au Maroc, le MRAX a organisé, le 1er décembre 2005, une conférence de presse pour la dénoncer, ce dont nous nous félicitons en tant que démocrates, membre et sympathisant de votre association de lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie.

Néanmoins, des faits particulièrement choquants, survenus lors de cette conférence de presse, nous conduisent aujourd’hui à les porter à votre connaissance et à susciter la réaction de l’ensemble des membres du Conseil d’administration.

Comme vous avez pu le constater dans le Soir d’aujourd’hui, nous avons publié une carte blanche collective dans laquelle nous nous indignons de la position de la Ministre marocaine déléguée aux Affaires étrangères, Madame Cherkrouni, quant à sa déclaration de débattre avec le Vlaams Belang au Maroc ainsi que sur ses propos scandaleux à l’égard des migrants subsahariens (voir son interview ci-joint).

Plusieurs signatures ont été sollicitées dont tout naturellement celle du MRAX, en la personne de son président. À notre grande surprise, la réponse qui nous fut donnée par le président a été que cette carte blanche était sans fondement, la Ministre ayant publié un communiqué dans la presse qui démentait les propos que le journaliste de la Libre Belgique lui prêtait le 23 novembre dernier. Fort d’une affirmation non étayée, la présidence du MRAX a contacté plusieurs signataires de la carte blanche pour les inviter à retirer leur signature, ce qui fut fait pour certains d’entre eux.

Curieusement, le lendemain au cours de la conférence de presse, suite au doute émis par plusieurs personnes sur le bien fondé de ce démenti, le président du MRAX affirme lui-même le caractère « peu rassurant » du communiqué. Interpellé sur cette contradiction et, une fois encore à notre grand effarement, le président déclare accepter de signer la carte blanche au nom du MRAX moyennant notamment le remplacement du terme « oligarchie » (voir carte blanche en annexe) par « establishment ».

Bien plus grave à nos yeux, lors de la conférence de presse où nous étions conviés sur invitation et à laquelle Monsieur Chichah a assisté, nous nous sommes étonnés de voir Monsieur Fouad Majloufi, représentant du Consulat du Maroc, siéger aux côtés de la présidence du MRAX. La présence d’un représentant du Maroc n’était nullement annoncée dans le communiqué de presse du MRAX alors qu’il intervenait systématiquement dans le débat en sa qualité officielle, notamment pour s’opposer à toute condamnation des propos tenus par Madame la Ministre Chekrouni. Ceci a eu pour conséquence de provoquer une totale confusion sur les réels organisateurs de la conférence de presse, les objectifs et les positions du MRAX qui, selon le communiqué de presse , avait pour but de réagir à la visite du Vlaams Belang au Maroc.

En effet, la conférence de presse est rapidement devenue un espace d’échanges musclés entre le fonctionnaire consulaire et une partie du public.

De deux choses l’une : soit le MRAX décide de ne jamais se positionner par rapport à un pays tiers et il s’agit d’une position claire que nous respectons. Soit il choisit d’interpeller tous les protagonistes impliqués dans un fait ou une situation incriminés. Dans ce cas alors le MRAX doit le faire en toute impartialité et en son nom propre ou éventuellement associé à une organisation, comme ce fut le cas ici avec l’association KIF KIF.
Il se fait, en l’occurrence, que la manière dont la conférence de presse a été gérée, a davantage servi de tribune au représentant du consulat du Maroc pour dédouaner le faux-pas des autorités marocaines que de faire passer le message initial du MRAX.
Par ailleurs, vous n’êtes pas sans savoir qu’un représentant du consulat du Maroc aux côtés du MRAX n’est pas du tout indifférent aux yeux des Marocains étant donné le rôle que les autorités consulaires a joué dans la répression, encore vive dans les mémoires, des immigrés marocains en Belgique et en Europe.
C’est l’instrumentalisation inacceptable du MRAX qui nous a choqué et que nous dénonçons aujourd’hui avec force.
C’est pourquoi nous demandons au MRAX de réaffirmer son indépendance et sa neutralité vis-à-vis de toute autorité et tout pouvoir étrangers, en particulier lorsqu’il s’agit, comme ici, de pouvoir non démocratiquement élu. Il en va de la crédibilité du MRAX, malheureusement quelque peu écornée par la confusion qui a prévalu lors de cette conférence de presse.

Enfin, le MRAX, ayant refusé de co-signer notre « carte blanche », nous souhaiterions savoir comment le MRAX se positionne sur l’interview de Madame la Ministre Chakrouni et sur le contenu du texte publié en réaction. Ceci afin de connaître clairement la position officielle du MRAX.

Dans l’espoir de vous lire prochainement, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs des administrices-teurs, l’expression de nos sentiments les meilleurs.

Souhail Chichah
Nouria Ouali

Catégories :... sur son combat Étiquettes : ,

Lettre ouverte de Sam Touzani et Mohamed Belmaïzi au C.A. du MRAX

@ Sauvons le MRAX!

[Lettre adressée aux administrateurs du MRAX, qui ne leur parviendra jamais, le bureau n’ayant pas daigné la leur communiquer. Ce qui n’empêchera pas « le CA » d’y répondre ( !??). Où il est question d’un article de Sam Touzani et Mohamed Belmaïzi traitant de convergences d’intérêts entre l’extrême droite flamande et le pouvoir marocain et publié sur le site du MRAX. Article censuré et remplacé par un texte du président Bouhlal, nettement plus favorable au pouvoir marocain.]

Le 9/11/2005

Cher Président, cher Radouane,
Chers membres du CA du Mrax,
Chers membres effectifs du Mrax

C’est avec regret que nous nous permettons de nous indigner devant votre noble et vivante association.

Votre organisation à utilité publique et à réputation historique basée sur une véritable déontologie pour dénoncer tous les racismes et les fanatismes, nous paraît naviguer ces derniers temps, vers des récifs idéologiques insondables. Rouages et calculs insoutenables, relevés par-ci, par-là…

Cela concerne quelques signes qui ne trompent personne, mais qui, nous l’espérons de tout cœur, resteront, casés parmi des broutilles sans influences sur la véritable ligne directrice de votre combat qui est le nôtre, et celui de toute la société civile ayant sans ambages le rôle d’adjuvant capital. Elle reste un contre-pouvoir estimable, aux éventuels excès, et vous en faites partie.

Nous constatons aujourd’hui que ce contre-pouvoir dans lequel nous devons nous inscrire pour mener à bien nos combats, devient de plus en plus compromis. Car des lignes rouges se sont tellement immiscés dans les imaginaires de certains de vos membres, qu’il devient difficile et mal venu de les franchir.

La première ligne rouge consiste dans la critique des Etats qui flirtent avec la xénophobie et le racisme, et dans notre cas il s’agit de l’Etat marocain. Dès l’abord, la réticence à la publication dans votre site, qu’à rencontré notre article (« Alliance diabolique, Vlaams Belang/Etat marocain… »), et le destin ensuite de la non-visibilité que vous lui avez infligé sous prétexte qu’il faisait de l’ombre à vos activités, nous laissent entrevoir et entendre des chuchotements commanditaires.

Que s’est-il passé pour qu’une association qui milite contre le racisme et la xénophobie, ne retienne d’un article qui traite et analyse à juste titre, les dessous d’un racisme sournois et d’une xénophobie criante, qu’un passage ou deux qui mettent sur la sellette l’absolutisme d’un Etat marocain inhumain et expéditif dans sa gestion du flux migratoire des Subsahariens? Que s’est-il passé pour qu’un article, offert à une lecture immédiate comme le veut la tradition du site, se voit subitement déplacer ailleurs ? Quel est le sens et la portée de la note du Mrax accompagnant notre article, le seul d’ailleurs : « Cette prise de position n’engage que ses auteurs » ? Certes la responsabilité des auteurs est engagée ! Mais fallait-il le préciser davantage, sans que l’on intercepte au vol la présence du regard institutionnel qu’il faut rasséréner. Est-ce pour ne jamais perdre l’honneur d’une orientation éditoriale embrigadée ?

L’autre ligne rouge concerne la critique de ce nouveau terme que l’on veut absolument nous l’inculquer sans mode d’emploi : L’islamophobie. L’aborder pour en analyser les contours devenus par la force des choses, inopérants (et nous avons démontré pourquoi), a valu à notre article, une violente diatribe de l’un de vos membres effectifs sur votre site même… Si votre association permet ce discours en son sein – (dans ce sens que l’absence de distanciation par la fameuse notice, du Mrax « cette prise de position n’engage que son auteur est remarquable) – nous pourrons nous attendre au rouleau compresseur de la pensée unique qui écrase et interdit.

C’est pourquoi, nous sommes en devoir de questionner ces dessous de cartes qui nous interpellent, parce qu’il y a risque de bâillonner la liberté et le véritable refus. Le Mrax a-t-il perdu son autonomie, pour devenir une succursale de l’Etat marocain ? S’inscrit-il sous l’égide d’une idéologie occulte à laquelle il faut acquiescer et prosterner pour mériter la parole ?

Nous vous prions, dans l’attente d’une réaction probante, d’agréer nos sincères salutations.

Sam Touzani
Mohammed Belmaïzi

PS : Cette lettre est adressée au président et au CA du Mrax, et elle peut à tout instant s’adresser à l’opinion, sous le titre de Lettre Ouverte.

Catégories :... sur son combat Étiquettes : , ,

Une délégation de très haut niveau

29/09/2005 1 commentaire

@ Sauvons le MRAX!

Du 25 au 29 septembre 2005, visite à Laâyoune (Maroc) d’une « délégation » belge composée de parlementaires et de représentants de la société civile, dont le président du… MRAX.

Décidément hyperactif et sur tous les fronts, le président du Mouvement contre le Racisme, l’Antisémitisme et la Xénophobie: le voilà maintenant qui participe à un voyage de lobbying au Maroc, en faveur d’un Sahara occidental marocain…

La délégation belge y rencontrera notamment des « repentis » du front Polisario, qui expliqueront être arrivés à la conviction que leur place est au Maroc. Leurs collègues emprisonnés et torturés apprécieront…

L’objectif du voyage en terme de propagande est double: tenter de convaincre des responsables politiques belges de défendre l’idée d’un Sahara occidental marocain, alors que de plus en plus de pays reconnaissent l’indépendance du RASD ; et donner à croire à l’opinion publique marocaine que ces dits responsables se sont clairement positionnées en faveur d’un Sahara occupé.

Deux questions… Qui payait ce voyage? Et les administrateurs et les membres du MRAX étaient-ils au courant de cette extension particulière de la mission de l’association, par l’entremise de son président?

(d’après MAP, 29/09/2005)

Catégories :... sur son combat Étiquettes : ,